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     Le vin, quand faut-il le boire…

Grand nombre de mes fidèles clients se sont un jour posés la question et naturellement, ils en attendent une réponse simple, claire, honnête et sans détour.

Bernard Billaud-Simon

Elle est tenace l’idée reçue qui, au fil du temps et des années, s’est imposée à l’amateur de Grands Vins. Cette fausse vérité selon laquelle les vins devaient impérativement vieillir pour être bon ?

Ce discours, où l’on veut faire croire que c’est en vieillissant que le vin devient bon… ? est une contre vérité qui ne peut plus être acceptée par l’amateur consommateur sans une franche explication.

A retenir comme réalité :

Un mauvais vin dans sa jeunesse restera un mauvais vin toute au long de son existence.

                                                 Le RAISIN FRUIT.

     -          Un raisin vendangé pas mûr est un fruit vert. Acide, astringent et agressif.

-          Ce ne sont pas les années dans la bouteille qui le bonifieront.

-          Bien au contraire, la verdeur et l’acidité du fruit vert s’accentuent au cours du vieillissement.  
  Le minéral dissocié du fruit s’exprime dans l’astringence et l’amertume.

-         Un raisin vendangé trop mûr exprimera des arômes compotés, lourds et désagréables en   bouche.  Comparé à une poire blette, il nous révélera des fruits flétris et des fleurs fanées.

-         Le vin, jeune, adulte ou vieux issu d’un fruit en surmaturité, propose des notes pataudes, confuses, sans identité, sans vie aux arômes fatigués, voir oxydés.

Le JUS de FRUIT.

-          Comme tous les jus de fruits, le jus de raisin négligé, malmené par les vendanges, le matériel, 
le vigneron, il subira  impitoyablement les outrages de l’oxydation.

-          Il commencera sa vie de futur vin avec un sérieux handicap irrécupérable.

-          La fermentation alcoolique (10 à 15 jours), non maîtrisée, brûle les arômes primaires.

-          Le vin s’exprimera sur l’alcool et non sur le fruit. En bouche, il sera brûlant, ‘’alcooleux’’, lourd et sans finesse.

-          Lors de la transformation des sucres naturels du raisin en alcool et en gaz carbonique, la température du jus de raisin s’élève et peut atteindre un seuil fatal pour les arômes primaires.    

-         La maîtrise de cette première fermentation consiste pour le vigneron à identifier le risque et à contrôler et maîtriser avec des moyens techniques la bonne température de vinification.

-          Maîtrise des températures = chaîne aromatique équilibrée entre le fruit et l’alcool, complexité, finesse et élégance des arômes.

-          La fermentation malolactique ( 2 à 3 mois). Elle consiste à la transformation de l’acide malique en acide lactique, tout en respectant l’équilibre de l’acide tartrique. Elle prévaut à l’installation définitive de la chaîne aromatique.

-          Parfaite mutation des acides.

-          Un cycle complet de la fermentation. 

-          Une hygiène environnementale irréprochable.

Faute de quoi, elle développe une chaîne terreuse, pâteuse, brouillonne, ou le fruit est le minéral terroir s’asphyxieront pour mieux se détruire et donner au vin de forts mauvais goûts.

-          Enfin, un vin qui n’aurait pas bénéficié d’un long élevage sur ses lies fines (9 à 18 mois) s’exprimera  en bouche, par une sensation de maigreur de pauvreté gustative.

-          Qu’il soit jeune ou qu’il soit vieux, les imperfections, les négligences, les mauvais goûts altèreront le vin sa vie durant. 

A rechercher, pour le plaisir simple, honnête et vrai :

-          Un vin à l’éblouissante jeunesse.

-          Qui s’exprime avec ses fruits, à la maturité parfaite.

-          Des fruits gorgés de soleil, vifs mais pas acides.

-          L’émotion d’une fraîcheur printanière pour vous envahir la bouche dans un feu d’artifice de fruits et de fleurs.

-          Pas d’astringence. Pas de verdeur. Mûr, soyeux et tendre.

-          Du minéral terroir, en retrait dans la jeunesse.

-          Il impose une architecture de corps, de matière et contribue à l’équilibre.

-          Il est le véritable squelette du vin, pour le porter dans sa jeunesse, pour le structurer et l’affirmer adulte et enfin pour le soutenir et le dominer dans sa vieillesse.

-          Percevoir ces merveilleux équilibres, entre la terre, le soleil, le vigneron et son vin, est à la portée de tous. Les sens olfactifs, comme le bon sens ne trompent pas. La vérité est dans le verre et dans la jeunesse. La suite : une naturelle évolution et non une bonification.

Le bon vin, comme tout ce qui est vivant,  s’exprime en premier lieu dans la  jeunesse avec beaucoup de générosité, de fringance, sans retenue.

Il peut paraître quelquefois un peu exubérant... et c’est temps mieux pour la suite de son évolution. 
(Veiller a ce que des défauts de vinification ne soient masqués par cette exubérante jeunesse).

Puis, il se referme sur lui-même quelque temps pour mieux se réouvrir et devenir adulte.

C’est l’équilibre parfait, du fruit et du minéral. Dans une harmonie de fraîcheur et de puissance. 

C’est la dualité vivante et affirmée de son lieu de naissance, de son climat, du savoir faire et de l’amour porté par son vigneron qui remplit votre verre de lumière et de senteurs.

Pour Chablis, la lumière sera froide et cristalline, la robe jaune or clair avec des reflets irisés verts.

Le fruit s’exprime dans un large spectre, passant du citron à la pêche de vigne, la poire, la pomme reinette, 
pour aussi évoquer le fruit jaune aux émotions exotiques du litchi, de la mangue…

Le minéral terroir, tout en noblesse intime et profonde, encadre avec mesure  la bouche, pour porter longtemps, 
très longtemps ce magnifique bouquet de fleurs et de fruits issus de nos grands terroirs de France.

A Chablis, le minéral iodé accentue l’émotion aérienne du vin. Sous la voûte du palais, il souligne ses origines du grand large des fonds marins.

Cette tranche de vie de l’histoire du vin, représente pour moi ce que la nature nous offre de plus grand et de plus authentique.

Elle s’inscrit dans la troisième dimension avec la profondeur, la largeur et la hauteur.

C’est la ronde-bosse de la sculpture, où tout s’exprime et se parfait :

La lumière, la matière, le volume, l’espace.

L’œuvre d’art y est évidente d’équilibre, à l’image des dieux. 

Vieillissant, puis à l’instar d’une chandelle… il s’éteint.

La robe devient plus lourde, plus chargée de son temps. Or riche, avec toujours des reflets verts pour Chablis.

Le minéral se nourrit du fruit. Il le confit de plus en plus sur des accents miel, cannelle, coing, tabac…

Il domine pour s’affirmer dans les senteurs du terroir profond.

Le nez sous entant, du sous-bois, du champignon mousseron, des arômes tertiaires, benzyne, thérébentine pétrole.

L’ensemble est animal, foxé. La fraîcheur en milieu de bouche s’estompe pour revenir quelque peu en finale sur le citron.

La plénitude et la richesse du climat se fond et se confond, emporté dans la puissance du tertiaire.

A ce stade d’évolution tous les vins tentent à se ressembler, qu’ils soient rouges ou qu’ils soient blancs.

Les vins sans terroir ont déjà disparu depuis longtemps.

Dégusté les yeux bandés il deviendra très difficile d’identifier la couleur du vin et ses origines.

Les fruits rouges ou blancs sont gommés par le minéral.

Les écoles de vinifications fût ou cuve se ressemblent.

Il sera très complexe, voire impossible au seul travers du minéral, en l’absence du fruit, de retrouver l’histoire et l’origine du vin.

Alors, faut-il se priver des meilleures années de nos vins…

Oublier qu’il est fait de fruits, de fleurs, d’arômes et de senteurs, d’harmonie et d’équilibre dans un ensemble terroir où s’affirme son lieu de naissance…

Ou bien, rechercher je ne sais quelle histoire, quel autre temps qui bien souvent sera dépassé lorsque l’on ouvre enfin la grande bouteille si convoitée.

                                                         Vivre ce moment qui se doit tout en bonheur…

Ou basculer dans la tristesse confuse d’une grande déception collective, parce que, je ne sais quel intellect a sur-planté l’envie de partager la bonne bouteille. Quel dommage… quel gâchis !  

Pour ces raisons, le Domaine BILLAUD-SIMON concentre tous ses efforts en hommes et en moyens techniques à la vigne comme à la cave pour élaborer des vins, prêts à boire dans la jeunesse. 
Adultes, équilibrés entre le fruit et le minéral. Structure pour le tertiaire.

Nos vins se construisent sur les plus grands terroirs du vignoble de Chablis. Nous les travaillons selon le millésime pour offrir à l’amateur les plus justes émotions au travers du fruit et du minéral.

Pour parfaire ce travail et les porter dans le temps avec justesse et plus de sécurité, nous réalisons des mises en magnums (1500 ml), cirés a l’ancienne.

Le magnum est le conditionnement idéal pour vivre le tertiaire d’un vin.

Je vous souhaite une très  bonne dégustation.

Chablis, le 17 Mars 2005.

Graphique de l’évolution d’un vin


Le graphique pyramidal  visualise les trois grandes étapes de la vie du vin.

La base, la plus généreuse de l’espace, la plus étalée, elle renferme toute la richesse organoleptique du vin et de son terroir. C’est le millésime qui s’exprime, avec ses grandeurs ou ses faiblesses. 
Tout y est orchestré dans la fraîcheur, dans la jeunesse. C’est
une symphonie de fruits et de fleurs, le résultat du travail d’une année à la vigne et à la cave.

Le vin est merveilleusement bon.

Le cœur, le centre, l’épicentre, l’équilibre, tout devient harmonie et plénitude, une organisation parfaite et maîtrisée dans un espace plus concentré de fleurs et de fruits, le minéral est à la bonne place. L’architecture est érigée, elle s’impose de vérité.

C’est l’œuvre dans toute sa dimension.

Le sommet, plus exigu, plus concentré, la place n’y est plus disponible pour tous, il faut impérativement résister au temps. Alors le minéral s’impose et domine en protecteur du fruit qu’il consume inexorablement. C’est l’âge où quelquefois, il est las d’attendre.

-          1 PETIT CHABLIS. Vin de plaisir et de soif. 15/18 mois.

-             2 CHABLIS. Adulte entre 2/4 ans.

-          3 CHABLIS Premiers Crus. Adulte 4/8 ans.

-          4 CHABLIS Grands Crus et Cuvées vieilles vignes. Adulte 6/12 ans.


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