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Chablis le, 30 Mars 2005.

Enquête sur une crise programmée…
Où se cachent et qui protége les fossoyeurs des terroirs
viticoles de France ?

             LA TERRE ET LA VIGNE.

En France, l’association terre vigne
implique immédiatement la notion de terroir.

Le Terroir est une alchimie complice entre la géologie, la topographie,
la géographie et le végétal.
L’homme compétent pourra prétendre en devenir l’architecte.

Parce qu’ en France notre culture du vin et de la vigne s’inscrit dans une histoire vieille de plusieurs siècles.

Cette fabuleuse histoire, on la doit aux moines Cisterciens qui, patiemment aux 12ème et 13ème  siècles ont sélectionné les meilleures terres viticoles de France pour en dresser une cartographie complexe, multiple et précise.
A un tel point d’exigence et de perfection,  qu’une parcelle juxtaposant une autre parcelle se trouvait exclue de cette méthodique sélection géologique et géographique.

Quel travail, quelle humilité dans la recherche de la qualité, du faire et du dire de ces hommes nourris de dévotion et d’engagement.

C’était l’époque glorieuse des cathédrales…

Découverts, les Grands Terroirs Viticoles de France sont alors, identifiés, arpentés et délimités puis scrupuleusement répertoriés et couchés dans un cadastre viticole. La quête du divin était l’objet premier des recherches, la vérité, elle remplissait les ciboires.

La France viticole d’alors était le seul pays producteur de vin au monde à bénéficier d’un cadastre viticole parcellaire, 
établi en terroirs par des gens de culture, d’ordre, honnêtes et nourris d’une profonde spiritualité, échappant à toute pression politique, à toute ambition économique.

Le sublime, le merveilleux, l’exceptionnel puisés dans la nature et le labeur des hommes faisaient que le vin, à l’image 
de ce temps de création s’inscrivait naturellement dans cette dimension spirituelle pour devenir 
offrande à Dieu.

On invente alors le marketing, cette « moderne communication » aux accents bien souvent frisant le mensonge . 
Ces nouveaux vignerons  se voulant hommes
d’affaires, sans réelle éthique professionnelle inversent le sens et proclament haut et fort :

‘’Le vin est un don des Dieux.
Il suffit d’être Français pour faire des Grands Vins’’…

Très vite, on oublie que l’homme, pour produire de grandes choses, doit investir son âme pour le sens et son cœur pour l’amour du bien-fait.

On s’en est habilement convaincu, la valeur spirituelle du vin et du vigneron a été rapidement gommée, au profit d’un monde moderne de consommation ou l’argent, le profit vulgaire et rapide deviennent le maître-mot….

Après, il est vrai, de nombreux drames économiques et humains dans les vignobles de France, sans 
distinguo, c’est la course à la production, l’extension des surfaces et des ères d’appellations.

C’est la priorité stupide et irréfléchie des acteurs du monde viticole des années 1970.

Cette modernité dénuée de toute réflexion historique et de toute analyse économique et technique de la part
des instances syndicales et administratives a engendré une nouvelle génération de vignerons épris de tout 
sauf de l’amour du travail et de la noblesse du métier de vigneron.

Ce qui est le plus dramatique, et que l’on veut faire oublier, c’est que la France viticole avait conçu en 1935 
la charte des A.O.C., sur les terroirs identifiés par les moines.

Et que la rigueur de cette charte justifiée ne peut s’appliquer que sur des Grands Terroirs d’exception.

Dans bien des vignobles de France, il n’a pas été tenu compte de cette discipline, pourtant sous l’égide et 
le contrôle de l’Institut des Appellations d’Origines Contrôlées.

L’élargissement de l’ A.O.C  et des zones d’appellation sur des terroirs plus faibles et bien souvent mal 
exposés a contribué, avec la négligence professionnelle de bien des vignerons, l’inadéquation de la charte 
de l’A.O.C. pour ces terroirs  à diluer et à discréditer la notoriété et la grandeur des appellations françaises.

Pour ne prendre que l’exemple de Chablis, de 2000 hectares de Grands Terroirs, on est passé à 
5000 hectares en appellation.

Les Grands Terroirs ne sont pas extensibles,
Que l’on se le dise.


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