Ce
que devrait impérativement savoir toute personne souhaitant connaître,
comprendre et communiquer sur le vignoble de Chablis
| QUAND
BOIRE LE VIN
| VENDANGES
2004 |
MILLÉSIME
2003 |
VIGNOBLE
DE CHABLIS
| ENQUÊTE
BOURGOGNE
|
| LA
TERRE ET LA VIGNE
| DEGUSTATION
MILLÉSIME 2004 |
INTERVIEW
FRANCE-TERROIRS
| VENDANGES
2005 | VENDANGES
2006 |
GÉOLOGIE DU VIGNOBLE DE CHABLIS
1- Origine
géologique du vignoble : Marne du Kimméridgien issue des
fonds marins.
2- Formée
à l’ère secondaire : Elle se compose d’argile blanche et de
coquillages fossilisés (Ostréa virgula).
3- Spécificité :
Fortement chargé en iode, le
Kimméridgien à Chablis, donne à ce vin blanc sec un caractère
inimitable
du minéral aux accents
‘’suave, iodé salé ‘’ qui, associé au citron, explose de
fraîcheur et de finesse en bouche.
Le cépage Chardonnay devient alors du CHABLIS.
LES HOMMES ET LE VIGNOBLE DE CHABLIS
4- Les
Celtes, puis les Romains sont
les premiers vignerons. Le Romain Justinien aurait organisé le vignoble
sur une
configuration semblable à celle que nous connaissons aujourd’hui.
5-
Au
12 et 13ème siècle, les moines
Cisterciens, (abbaye de Cluny) élaborent le tout premier cadastre
viticole incluant
les meilleurs terroirs du vignoble de Chablis. Dans un rayon de quelques
kilomètres autour du village de Chablis, sur
une surface totale d’environ 1800 hectares, le cadastre est établi en 2 classements : Chablis Première,
Chablis Seconde.
Cette classification est fondée sur la géologie et sur l’exposition géographique
des terres.
LE VIGNOBLE
ET
SES PREMIÈRES DIFFICULTÉS ÉCONOMIQUES
6-
1865 :
Destruction du vignoble par le phylloxéra.
Il faudra une génération de vignerons pour sa reconstitution.
Pour être replanté, le Chardonnay sera impérativement greffé sur un
bois (porte greffe) résistant au
phylloxéra.
7-
Chablis et ses Grandes Appellations bénéficient alors
d’une notoriété incontestée. Les Grands Crus de Chablis rivalisent en
qualité et en valeur marchande avec les Grands Crus de la Côte d’Or :
un Grand Cru les Clos est
commercialisé sur la
même base de prix qu’un Corton
Charlemagne ou un Bâtard
Montrachet. La Bourgogne est florissante, elle domine
avec ses Grands vignobles. Ce sont les années dorées de 1900.
60 ANNÉES DE MISÈRE ET D’
AGONIE …
Les générations sacrifiées !
8-
1914/1918
Première guerre mondiale : Les jeunes viticulteurs de
Chablis disparaissent dans la tragédie. Pour le vignoble
de Chablis les pertes s’élèvent à plus de 250 disparus. Plus de
main-d’œuvre qualifiée, l’économie du vignoble s’effondre,
la Grande Bourgeoisie propriétaire des grands terroirs est ruinée. Les
trois-quarts des vignes sont arrachés. Pour survivre,
une polyculture s’installe au profit des céréales et de l’élevage.
En raison du démantèlement du vignoble par la mise en place
des nouvelles cultures, le micro
climat se modifie. Le gel de printemps occasionne des ravages sur la partie restante du
vignoble, la production de vin de Chablis devient impossible.
Le vin de CHABLIS disparaît de tous les secteurs du commerce : en
France et à l’exportation.
9-
1935 :
Constitution des Appellations
d’Origine Contrôlée (A.O.C.).
10-
Nouvelle
Classification des zones de production en 4 appellations :
PETIT CHABLIS – CHABLIS – CHABLIS PREMIERS CRUS – CHABLIS GRANDS
CRUS.
Les appellations Premiers
Crus et Grands Crus sont identifiées par le nom du climat
( nom du lieu de production enregistré sur le cadastre viticole).
Exemple : CHABLIS
PREMIER CRU MONTÉE de TONNERRE, CHABLIS GRAND CRU Les
CLOS.
11- Création de l’Institut
National des Appellations d’Origine
(I.N.A.O.).
12-
1939/1945 Deuxième guerre mondiale :
Chablis sombre de plus en plus dans une morosité économique
incommensurable,
le marché du négoce local est morose pour ne pas dire inexistant.
Les viticulteurs tentent de se regrouper
en créant une
coopérative avec l’espoir de préserver le métier de vigneron. Les
acteurs économiques Paris et sa région abandonnent
Chablisau profit des vins de Sancerre moins exposé au gel, avec une production
plus équilibrée.
En Bourgogne, seule la côte d’ Or, avec ses Grands Crus et une économie mieux structurée, reste présente
sur le marché
français et international.
RENAISSANCE DU VIGNOBLE DE CHABLIS
13- 1960/1965 :
Le vignoble de Chablis renaît lentement de ses cendres. Les banques, puis les industries se consacrent au
monde viticole. La mécanisation des cultures de la vigne se développe ;
les premières technologies de
vinification et
l’Oenologie moderne se mettent en place ; les débouchés
commerciaux ( États Unis, Grande Bretagne, Belgique) s’activent ;
les premières mises en bouteilles à la propriété se confirment.
Progressivement, la polyculture disparaît au profit des Grandes
Appellations.
14-
1965/1970 : Le vignoble retrouve une activité
économique viable et prospère. Les matériels de lutte contre le gel
de
printemps se perfectionnent ; la production des vins de Chablis s’équilibre
sur une surface d’environ 1800 hectares;
les Grandes Appellations au cœur du vignoble redonnent tout le panache et
sa notoriété au nom de Chablis.
EXTENSION DES APPELLATIONS
15-
1970/1975 : Le vignoble confirme sa
renaissance. Les villages en périphérie de Chablis sont regroupés avec
la commune de
Chablis. Les villageois abandonnent les cultures céréalières pour se
consacrer pour beaucoup d’entre eux au nouveau métier
de vigneron. La vigne est plantée partout où l’on trouve une terre en
appellation, quelque soit la géologie et l’exposition de la
parcelle. La qualité des vins et la typicité des terroirs ne sont plus
à l’ordre du jour. Mieux, on reclasse des zones en Chablis
Premier Cru et même en Grand Cru. Cette folle extension
menée par une frénésie spéculative totalise aujourd’hui environ
4500 à 5000 hectares.
CHABLIS : SON VIGNOBLE EST-IL DANS LE BON CHEMIN ?
17- 1980/2004 :
Le vin de Chablis se vend dans le monde entier. Le nom est redevenu
magique, comme il l’était sous le roi Louis
XIV. L’extension du vignoble et sa rapide croissance n’ont pas
toujours été accompagnés d’une amélioration équivalente de la
qualité.
18- Dans le monde, de nouveaux producteurs arrivent et séduisent
les marchés. La
concurrence s’ouvre avec férocité.
19-
Pour garder la première place du producteur des plus
Grandes Appellations de terroirs au monde, les vignobles de France et
leurs véritables vignerons devront revenir sans faille possible aux soins
de la vigne plantée sur les Grands Terroirs.
20-
Pour résister et faire valoir son talent dans son métier,
le vigneron Français devra travailler avec amour, avec passion,
chasser les spéculateurs et profiteurs d’étiquettes. Il devra, pour ne
pas lui aussi disparaître, produire peu, mais des vins
d’exception. Ce constat vaut aussi pour le vignoble de CHABLIS.
LES NOUVELLES GÉNÉRATIONS DE VIGNERONS
21- Chablis,
une nouvelle génération de jeunes vignerons ont parfaitement mesuré
l’importance du terroir et la qualité des vins
qu’il est possible d’en extraire. Plus particulièrement, ces jeunes
viticulteurs marient avec talent la modernité et la tradition.
Le métier du vigneron se recentre sur la vigne. Les vinifications sont
mieux élaborées avec des matériels appropriés.
La remise en cause de certaines pratiques et méthodes culturales est à
l’ordre du jour.
Les filtrations sévères, les précipités tartriques par le froid etc…
font l’objet d’une réflexion en profondeur dans les Domaines
qui
investissent,travaillent et recherchent la perfection. La pérennité de
la France viticole se construira sur les produits
d’exception et non
dans l’abondance et le quelconque.
Bernard Billaud-Simon